ANNE DIONISI LOVITON par HUMANOSCOPE

Anne Dionisi se dévoile avec pudeur. Elle préfère capter le « je suis » des autres à travers peinture et sculpture. Aux prémices, il y a cette émotion immense. Celle d’une rencontre entre une jeune fille et la peinture. A 15 ans, les nus d’Egon Schiele et les masques de James Ensor lui ouvrent un chemin. A cette période, elle découvre Pierre Dionisi, aïeul et premier prix de Rome en 1923. Un désir intense de peindre l’anime, converti après le lycée : l’art comme un nouveau souffle s’impose pour apaiser un tumulte intérieur. Dans l’urgence, Anne couvre ses premières toiles de peinture murale.

Des années d’apprentissage s’écoulent rythmées par cette même urgence de peindre les autres. Anne réalise des portraits expressionnistes, riches en couleurs, tout en matière pour en exprimer les nuances. Elle découvre Soutine, est bouleversée par son œuvre authentique, sans aucun désir de plaire. Un peintre parisien lui enseigne la technique du couteau. Une petite révolution pour elle qui aime tant travailler l’épaisseur et dont le pinceau frôlait l’ennui.

En parallèle des portraits, Anne Dionisi s’essaye aux natures mortes pour parfaire sa technique, aux marines pour goûter à davantage de légèreté et aborde le thème de la danse cher à son cœur. Puis la sculpture. Une bascule dans sa vie d’artiste. Le plaisir de créer enfin avec les doigts, de partir d’un bloc de terre brut. De découvrir la richesse des expressions qui se répondent : la peinture et la sculpture se lient d’un même ton. En trait d’union, un sujet qui la touche depuis son adolescence : la maternité.

Anne invente, laisse libre cours à son univers. Elle anticipe parfois ses œuvres par le croquis, sans doute une manière de dompter l’urgence, cette exigence hâtive qui la caractérise. Quitte à s’attarder longuement ensuite sur un détail.

Peinture et sculpture en écho, Anne Dionisi livre avec force des couleurs et densité des matières sa vérité des êtres. Et ainsi, se dévoile tout en pudeur.

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