DALILA ALAOUI par HUMANOSCOPE

Visiter un lieu arpenté par Dalila Alaoui est une belle manière de la rencontrer. Elle y laisse son empreinte, des couleurs, des matières et du mouvement. Entre son chez elle et son atelier, les murs sont effacés. On passe de l’un à l’autre, aussi aisément que l’on échange avec l’artiste et la femme qu’elle est : douce, intense, vivante. De pièce en pièce, d’anecdote en anecdote, Dalila Alaoui invite à une promenade émotionnelle selon les espaces à franchir. Au rythme de ses œuvres qui se parcourent et se comprennent dans le sillon et l’énergie de la déambulation.

De passage en passage. D’une culture à l’autre. Avec des images venues d’Orient et une technique académique acquise d’Occident. Pour Dalila, l’Histoire compte. Au départ, il y a des documents historiques (photos, gravures), principalement des femmes orientales, observées, copiées, inspirées en dessins, peintures, croquis, aquarelles, eux-mêmes produits en frénésie, de façon éparse, selon les émotions qui se délitent et qui relient le réel à l’imaginaire. S’ensuit, la minutie de l’attente.

L’attente, fondamentale dans la construction de son œuvre, est un des indices complices de la double identité franco-marocaine de Dalila. Un temps si intimement lié à la culture orientale. Une attente qui peut parfois ankyloser mais qui finit toujours par révéler. Une image renvoie à un dessin qui lui-même renvoie à une matière, un voile, un tissu, du papier, une idée. Et là, c’est l’urgence de l’installation. Les éléments se lient et de ces liaisons naissent une unité nouvelle. Une œuvre en 3D qui raconte une histoire, qui selon l’écho photographique qu’elle laissera, sera recomposée ou simplement déconstruite.

Comme une couturière qui reprise son ouvrage, Dalila Alaoui tisse des liens entre le dessin, l’architecture et la plastique, entre les émotions, l’histoire et la politique. Au cœur de son travail, les Femmes, en quête d’unité, d’identité, de réconciliation des mondes.

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