SANDRINE CORBIN par HUMANOSCOPE

Au fond d’elle, Sandrine Corbin a toujours senti ce désir de traduire ce qui l’anime par les arts. Une enfance bercée par la musique de la machine à coudre de sa grand-mère, les mains dans les étoffes, l’imaginaire converti en déguisements. Des premiers souvenirs captivés par les bruits et les matières de l’établi de son grand-père. Un vibrato artistique tapi en elle, révélé au fil des années.

Le bac en poche, Sandrine se tourne vers des études de stylisme et modélisme. Une formation choisie pour créer, sculpter les formes, puiser dans l’inspiration des matières, des couleurs et de leurs associations. Sandrine enchaîne les missions dans différentes maisons, rencontre le créateur Jean-Xavier Duhart avec lequel elle travaille les matières, cristal, marbre et bois. Elle rejoint la maison Et Vous aux côtés de Koji Tatsuno puis quelques années plus tard, le prêt-à-porter destiné aux femmes enceintes et rondes.

Des années de travail, passionnantes. Etourdissantes. Sandrine choisit de ralentir le rythme, de prendre du temps pour sa vie de famille, la créativité en sourdine. A l’abri des regards, rien que pour elle, il lui arrive de peindre, de caresser les tissus et de sculpter en douces échappées. Mais son esprit est ailleurs, manque de disponibilité. Alors, s’invite une légère frustration, celle de ne plus (se) réaliser. Jusqu’au jour. Où on lui demande de créer des costumes de scène. Une bouffée d’oxygène. De fil en aiguille, la confiance se réinvente, l’envie de créer s’impose. Sandrine se frotte à ce qu’elle préfère, sa trame : les matières.

La terre. Sandrine Corbin modèle les attitudes sans jamais les figer, étire les corps de façon suggestive, mouvemente les volumes et sculpte les expressions de la vie. Elle rend la matière vivante, laisse apercevoir les imperfections. Elle aime cet envers des décors. Comme le bois pour lequel elle pense une seconde vie : découpé en formes géométriques, recouvert de couleurs, assemblé et pensé pareil à des ornements. En écho, les cultures ancestrales et les arts primitifs, une source d’inspiration.

Avec le temps, SY devient sa signature. L’initial de son prénom et le final de son nom de jeune fille. Y. Une lettre inspirante, féminine, positive. Ce positif est son prisme protecteur. Sandrine capte les nuances des êtres, leur diversité, enveloppe les attitudes, les sculpte avec bienveillance. En cela, elle est une artiste, optimiste.  

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